

Introduction de Gaston Miron
Cette poésie, celle de Bernard Anton… qui mêle sa voix aux nôtres, porte son poids de mémoire et de blessures, mais est aussi traversée par le merveilleux et l’enchantement des images, et la respiration du vers épouse les souffles de la sensibilité et de la pensée. Le passé est ici exorcisé, et se dit l’espoir que la beauté soit le quotidien et l’avenir de l’homme. Il s’y trouve encore et souvent, dans les mouvances de la forme, une vérité de l’émotion et le miracle de la présence qui ne trompent pas.
Gaston Miron
paru sur la 4e page de couverture du livre, 1988
Appréciation de Jean Royer
Bernard Anton, poète…, s’invente un chant souverain, fluide, où baignent les beautés du monde. Chez lui, la poésie nomme ces « fêlures du temps » contre le mal et l’amertume, contre la violence et la mort. Ces poèmes interrogent la condition humaine à même « la voix de la terre » et « la voix des siècles qui traverse la chair ». On y lit une maîtrise peu commune du langage.
Jean Royer
Le Devoir, « Connaissez-vous ces nouveaux poètes ? »
13 février 1988
Cette compilation comprend sept recueils :
Fêlures d’un Temps I (1987)
Fêlures d’un Temps II (1988)
Fragments arbitraires (1989)
Les anémones (1991)
À une absence (1992)
Écroulement de la Terre et des vivants
suivi de Séquences du partir (1994)
Laurentïdes suivies de Automnales (2004)
Extraits de Automnales
L’automne comme soir
tombe
*
Tumulte de vent et de froid
quelques étoiles s’en vont
*
Des essaims d’outardes arpentent le ciel
fuient échardes du vent qui fragmentent leurs os
*
Feuilles qui cèdent promettent de renaître
au matin du premier printemps
*
Tourbillon des feuilles
roches et arbres inébranlables
*
Automne moribond sur le chemin de la vie
marque les écorces de sa présence
*
Agglomération de feuilles mortes en cortège
confond le chemin
*
Symphonie d’octobre
le rouge rivalise avec le jaune
l’orange avec le vert et le mauve
*
Saison d’or
montagnes et lacs rougeur d’or
*
Le soleil se décompose dans
flamboiement des arbres de novembre
*
Matin d’hiver
deux haleines avancent sur le chemin
celle d’un chien et de son maître
*
Vert pays-d’en-haut même l’hiver
parmi la blancheur des monts
.
Article dans les médias
Entrevue sur Youtube
Vie poétique de Bernard Anton (Entrevue)
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